Déambulation sonore et spectaculaire d’un skieur de rue

Une errance dans une société dont l’existence même est un défi à toutes formes d’errances.

Le Skieur post-atomiK déambule dans l’espace urbain, rural ou champêtre.
C’est un personnage enfermé dans un costume de militaire (réalisé sur mesure par la costumière Corine Petitpierre), le visage enserré dans un masque à gaz.
Ses skis le contraignent dans ses déplacements et l’obligent à quelques acrobaties pour grimper sur les murs ou mobiliers urbains.
Il erre lentement, esseulé, isolé dans sa carapace à la recherche d’hypothétiques survivants dans son monde post-apocalyptique.
Il crie, respire fort, sa voix est reprise et traitée par une enceinte amplifiée située dans son sac à dos.
Le skieur ne regarde pas la vie autour de lui, il reste hermétique aux sons extérieurs. Aussi sa fermeture, sa lenteur de déplacement révèlent par contraste le foisonnement de la vie qui l’entoure.

Malgré la gravité du scénario et la puissance du personnage, la déambulation du Skieur post-atomiK reste une belle loufoquerie. Essayant désespérément de grimper sur tous types de structures afin d’être mieux entendu, il effectue de nombreuses cascades et provoque d’innombrables situations impossibles. Le mobilier urbain ou les roches champêtres deviennent alors autant de promontoires, pentes à dévaler ou départ de schuss.
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Le Skieur post-atomiK révèle certains aspects de l’architecture notamment le rapport entre le vide et le plein.
Son isolement et l’absence de contact avec les personnes qui l’entourent provoquent un rapport démesuré entre la taille des formes architecturales et sa détresse bouillonnante enclavée dans son costume. Il y a un gouffre entre son intériorité confinée et l’immensité du monde extérieur. Les dimensions des immeubles, des arbres, paraissent alors plus grandes, les perspectives plus longues. Les larsens de l’ampli provoqués par une saturation et un delay évoluent selon les volumes rencontrés ainsi le skieur donne une résonnance unique aux différents vides traversés et crée une lumière acoustique "personnelle" , une signature sonore "individuelle" aux moindres espaces visités.

Le Skieur post-atomiK est seul dans le foisonnement de la vie qu’il ne perçoit pas, écrasé par les dimensions architecturales qui l’entourent, perdu dans son monde post-apocalyptique, il se traine, se débat, s’arc-boute cherchant obstinément une relation qui le fera exister ou plutôt sortir de sa condition.

Costume : Coco Petitpierre